La colorimétrie, info ou intox?

Introduction

Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’est vraiment la colorimétrie ?

Si vous en avez faite une avec un(e) ou professionnel(le), qu’en avez-vous pensé ? Aimeriez-vous comprendre en quoi une colorimétrie est utile ? Par ailleurs, comment elle devrait être réalisée pour constituer un véritable « plus » pour vous ?

Lorsque j’ai commencé le conseil en image il y a plus de 9 ans, je n’étais pas convaincue par l’intérêt de la colorimétrie. En réalité, je vais peut-être vous étonner, mais je ne le suis toujours pas. Les « normes » actuelles de la discipline et la manière de pratiquer cette « science » me posent encore question. Je vais vous expliquer pourquoi. Cependant, afin de savoir exactement ce qu’il en était, je me suis formée à la colorimétrie à l’Ecole Supérieure de Relooking de Paris. C’était il y a déjà plusieurs années. Pourquoi ? Car je pense qu’on ne peut avoir un avis valable à propos d’un sujet que quand on le connait de près. Verdict ? Info ou intox? Qu’est-ce qui est bon, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Si le sujet vous intéresse, cet article est pour vous.

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Qu’est-ce qui a déclenché mon envie de vous écrire cet article ?

Lors d’un échange avec une partenaire pour un projet commun, nous parlons de son expérience en image auparavant. Elle m’explique avoir porté pendant de nombreuses années des couleurs bleues, qu’elle adorait (et adore toujours !). Elle décide alors de suivre une formation en image, à Genève, chez une consultante de renommée mondiale. Un futur conseiller en image, tout comme un coach passe par les étapes du conseil en image pour lui-même. C’est une des conditions d’obtention d’une certification. Lors de sa colorimétrie, il ressort qu’elle DOIT porter des tons chauds. A ce moment-là, sa formatrice lui suggère alors de jeter tout ce qu’elle possède dans sa garde-robe. Elle s’exécute…

Colorimétrie : info ou intox, le vrai du faux

Voilà, je m’arrête là dans ce récit qui est l’un des nombreux que j’entends chaque année auprès des personnes qui viennent me voir. Mais QUELLE HORREUR ! A chaque fois que j’entends un exemple comme celui-là, ma colère monte. Comment, au nom d’une méthode, peut-on faire prendre à quelqu’un un virage aussi fort ? Ne pensez-vous pas que le risque soit grand que cette personne perde une partie de son identité ? Quid de ses goûts à elle, de sa culture, de ses envies ? Et quid si le marron est LA couleur idéale pour elle en théorie ? Et si cette couleur lui donne une mauvaise énergie car elle l’associe à quelque chose de négatif ? Pensez-vous que ce soit bon pour elle de porter du marron ?

Dans cet article, tout d’abord, je vais définir la colorimétrie. Ensuite, je vais vous parler sommairement de ses origines et des méthodes les plus courantes. Et enfin, je vous dirai pourquoi il est important d’avoir une approche nuancée de cet outil qu’est la colorimétrie. Puis, cerise sur le gâteau, votre commentaire en dessous de cet article nous permettra de continuer le débat.

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Définition de la colorimétrie

Selon le Larousse, il s’agit de « l’ensemble des techniques qui permettent de définir et comparer les couleurs. ».

Selon Wikipédia, elle est définie selon la psychophysique ou la chimie uniquement.

Nous voilà bien avancés, n’est-ce pas ? La colorimétrie dans le cadre du conseil en image n’est pas définie dans les dictionnaires classiques d’aujourd’hui. On nous parle de comparaison de couleurs, de psychophysique et de chimie. Bon…mais encore.

Qu’est-ce que la colorimétrie selon moi

C’est l’étude du reflet magnifié d’une couleur au visage de quelqu’un (le teint, les yeux, la couleur des cheveux que je nommerai « le type ») grâce au draping (suite de tissus de couleurs posés juste en dessous du visage en comparaison les uns avec les autres). Cette étude permettra à la cliente d’appliquer ces meilleurs résultats aux vêtements et accessoires qu’elle utilise près de son visage. La colorimétrie déterminera précisément quelles familles et nuances de couleurs subliment, valorisent, dévalorisent ou écrasent le type d’une personne. Chez Relooking & Queen, cette étude tient compte également des paramètres ultra spécifiques de la cliente : ses goûts, son style, son identité, son histoire.

La colorimétrie, une fois déterminée, permettra de savoir quelles couleurs sont les plus opportunes à utiliser au niveau du teint du visage. Ce test concernera le maquillage, les boucles d’oreilles, les lunettes, les colliers, les foulards, les hauts (top, t-shirt, robe, chemisier, etc…).

Origine de la colorimétrie et méthode la plus courante : les quatre saisons

Les origines de la colorimétrie :

La plupart d’entre vous connaissent leur saison, ou alors, vous n’en avez jamais entendu parler. La colorimétrie selon les quatre saisons est le fruit du travail de Suzanne Caygill, dès 1942. Suzanne Caygill est styliste de mode américaine. Elle vit en Californie. Ses études à propos de la couleur révèlent qu’à chacune d’entre nous correspond une saison et une personnalité ou charisme. Son livre « Color, the Essence of You », paru dans les années 70 fait état de ses recherches.  Elle aboutit à 64 type de personnalité différente associable à certaines couleurs de l’univers.

« If we recognize that everything in the organization of the universe is authentic and correct, then we pose the question, « Does not this organization apply also to human beings? » It seems reasonable to assume that each human being has an individualized design, color, and form that is suitable to his or her intrinsic value and intent. » Suzanne Caygill

Cette théorie donne naissance à la méthode (simplifiée) des 4 saisons.

Printemps, été, automne ou hiver, chaque saison correspond à une palette de couleurs qui est idéale pour le teint. Printemps correspond à des couleurs chaudes et en grandes parties claires. Été se compose de couleurs froides et claires. Automne fait écho à des couleurs chaudes et plus sombres. Hiver parle de couleurs froides et franches. Suzanne Caygill est la toute première à avoir envisagé la colorimétrie d’aujourd’hui.

Méthode incomplète? Oui, mais pourquoi?

La méthode des quatre saisons, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, est à mon sens incomplète. Pourquoi ? Parce que l’idée de base, géniale et fruit de nombreuses années de recherches, s’est petit-à-petit transformée. Elle est devenue une méthode facile à appliquer et simpliste. Toute sa valeur scientifique (64 personnalités différentes) a été  réduite à 4 cases, 4 saisons. Le conseil en image a inversé le processus à la base très vaste pour faire entrer chaque individu dans une case correspondant à sa palette. Trop succinct pour mes clientes et moi. Elles sont d’ailleurs nombreuses à arriver quelques années après avoir réalisé une colorimétrie 4 saisons et à avoir l’impression de tourner en rond et que quelque chose n’est pas tout à fait juste.

Normal, pensez-vous qu’il soit intéressant de résumer 7,5 milliards d’êtres humains que nous sommes sur Terre à quatre palettes de « couleurs ». N’est-ce pas réducteur ? Pensez-vous surtout que vous aurez le recul nécessaire pour ne pas absorber de manière scolaire tout ce qui vous sera enseigné ?

Ma théorie est la suivante. La vraie école créée par Suzanne Caygill a certainement formé des spécialistes coloristes compétentes, et cela continue. Cependant, le résumé de la méthode enseigné par la plupart des écoles de Conseil en image, parfois en un seul workshop de quelques heures me paraît insuffisant. Le premier danger de cela, c’est que les professionnels pensent enseigner des valeurs universelles. Le deuxième danger est que leurs clients les écoute sans se poser de questions et appliquent les instructions de manière scolaire. Normal, lorsque vous venez chercher l’expertise de quelqu’un, vous lui donnez votre confiance. Ne perdez pas votre sens critique, quelle que soit la situation.

Colorimétrie plus poussée = le T.R.I. ou Test Révélateur d’Image (celle que je pratique avec mes clientes)

Le T.R.I. ou test révélateur d’image est une colorimétrie plus poussée, pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’au lieu d’aboutir à quatre palettes de couleurs, elle en propose au minimum huit.

La deuxième, c’est que les couleurs sont étudiées au visage en comparaison les unes des autres selon 3 paramètres. Chaud versus froid, foncé versus clair, et mat versus lumineux.

Donc dans la pratique, certaines clientes se retrouvent avec 2 palettes comme résultat, tout simplement car leur spécificité ne se résume pas à une seule, mais bien à deux palettes. C’est plus beaucoup plus riche. Ce test révèle leur tendance principale. Sur les six paramètres, souvent un seul apparaît de manière plus nette. C’est celui-là qui permettra à la cliente de savoir vers où aller.

De quoi dépendent les résultats du T.R.I.?

Nos résultats dépendent de tellement de facteurs ! La fatigue ou la vitalité, l’énergie basse ou haute, l’alimentation, le bronzage, le fait que la cliente se maquille au quotidien ou pas, le fait qu’elle change sa couleur de cheveux ou pas, son âge, le lumière du pays où  elle habite, la faculté de la personne qui fait la colorimétrie à faire son métier de manière objective, la couleur des murs de la pièce, etc… Le résultat d’une colorimétrie ne sera de ce fait, jamais complètement scientifique ! Par exemple, lors de la formation que j’ai suivie à l’Ecole Supérieure de Relooking de Paris, trois de mes collègues ont essayé de réaliser ma colorimétrie. Elles sont toutes les trois arrivées à un résultat différent. Ce n’était pas parce qu’elles ne remplissaient pas bien leur mission. Tout simplement chacune a eu sa lecture, dans la globalité, et mon teint permet plus de palette que certains autres. Voilà, cela me laisse un éventail de possibilités et c’est tant mieux.

Colorimétrie : T.R.I. Test révélateur d'image ou méthode des quatre saisons?

 

Critique de la colorimétrie, et vous dans tout cela, vous faites  quoi ?

L’exception qui confirme la règle…

Pensez-vous qu’il soit possible que ma robe préférée soit une robe corail (couleur chaude, claire et lumineuse), alors que mon teint préfère les couleurs froides, sombres et lumineuses ?

Le corail est une couleur chaude par excellence, un rouge orangé qui tire légèrement vers le jaune. Ma robe préférée, à priori, n’est donc pas pour moi…elle est sensée renvoyer une tonalité jaune à mon teint, et me donner un air légèrement malade…

Pourtant, à chaque fois que je la porte, les compliments pleuvent.

Mais alors, comment est-ce possible me direz-vous ?

Rayonnement, vibration, teint bronzé (je la porte en été), confiance, assurance et alignement.

Tout cela va au-delà de la théorie d’une couleur flatteuse révélée par la colorimétrie: avoir bonne mine, effacer les marques de fatigues, redessiner son visage et faire ressortir la couleur des yeux.

J’ai la conviction que si votre énergie est centrée, que vous êtes en phase avec vous-même et avec votre style, la couleur que vous portez deviendra votre couleur !  Bien sûr, la théorie vous aidera car elle vous donnera des directions, votre colorimétrie vous servira de GUIDE. En aucun cas, elle ne peut se résumer à des « il faut », et des « je dois ». Vous seule restez maître de votre style, de vos couleurs, de votre destin vestimentaire !   Quelques inspirations de couleurs pour vous ici.

Retrouvez également un article à propos des harmonies de couleurs ici.

Pourquoi il ne faut pas être scolaire quand vous recevez une colorimétrie ?

Votre intuition vaut tout l’or du monde. Elle répond à vos envies, à vos besoins profonds, il est heureux d’apprendre ou de réapprendre à l’écouter.

Lorsque vous recevez une séance de colorimétrie, gardez votre libre arbitre, soyez curieuse, osez les questions, prenez part à la séance de manière active. Elle n’a de sens que parce qu’il s’agit de vous !

Une fois que la séance a eu lieu, surtout, faites-moi plaisir et n’appliquez pas de manière scolaire les résultats. Ne vous sentez  pas « coincée » dans un étau de couleurs restreintes. Vivez vos couleurs, celles qui vous enchantent, celles qui vous mettent en joie, celles qui vous définissent. Vous aimez la discrétion et n’osez pas le rouge, cela vous ressemble ? C’est parfait ! Vous adorez ce vert et savez pourtant qu’il ne vous va pas si bien? Portez-le sous forme de décolleté ou sur le bas de votre silhouette, le reflet au visage ne sera pas direct. Vous avez envie de vous mettre au couleurs vives et chaque fois que vous achetez un vêtement pour essayer, il reste dans l’armoire à prendre la poussière? Commencez par des touches de couleurs : un sac, des chaussures, un foulard. Ce sera plus progressif.

Pensez donc que certaines femmes charismatiques, dont l’élégance a marqué l’histoire, ont porté tous types de couleurs au visage, dépendant du moment, de leur teint, de leur maquillage, de leur couleur de cheveux, de leur âge et des circonstances. Elles auront « senti » la couleur idéale et l’auront osée avec brio. Faites de même, surtout, restez vous-même. Car au fond, si nous étions toutes pareilles, le monde serait tellement ennuyeux !